06/01/2012

L'euphorie des sages.




Fracassé sur des rimes sans rivages. Au loin, il y a le battement de tempes de la ville nerveuse, dans ma caverne, je ferme les yeux ne voulant surtout pas vivre la journée. Je claque des doigts je crois pour créer une rythme / un hymne : c'est minuit qui sonne entre mes deux oreilles, au milieu du cerveau. Je passe à autre chose. La gorge crasse, je souffle et il n'y a que la buée qui s'en sort, je pense au jour où l'on regardera tous les couchers de soleil à la même heure. Le jour où 17h ne sera pas une mise à mort abrupte, stupide. Je pense à l'été, à l'hiver qu'il faudra vivre coûte que coûte avant tout ça ; comme une bataille perdue d'avance mais au goût si doux de réglisse et de sirop d'érable. J'écoute la nuit être trompeuse. Les loups qui ne sont pas de sortie, la ville être affolante. J'écoute comme un corps qui se déchaîne le marron de tes yeux me chanter des choses douces à attendre.
Je me sens résonner dans cette boîte. Je me sens vivre, frissonner et à la lueur des stroboscopes, il me semble apercevoir mon destin. Et si l'on se perd à vivre des soirées Kitsch, sans fin, tant mieux. Se retrouver ne sera que plus excitant. On se fera l'amour comme on se parle, avec des éclats de voix parfois. Puis en douceur lorsqu'il s'agira de reprendre son souffle ; lorsque les reins auront dit tout ce qu'ils ont sur le coeur.
Je marche, je racle les pieds au milieu d'une pente désastreuse. C'est dur à avaler, d'être riche d'émotion, et se réveiller toujours dans le même lit chaque matin. Comme une musique de fin sans fin.
Je pense à toi qui s'en va et revient enfin. Et je souris parce que je suis heureux de voir que l'horizon est moins goudronneux lorsque le temps passe. Que du béton on s'en sortira peut-être : à la nage ou à la rame, ça n'a que peu d'importance. Je relirai tes vers et toi mes lignes, et de nos rides on aura rien à dire : je rêverai toujours de cités interdites, de villes fantômes et de New York au coeur de l'automne.
Mais je veux bien que tu me contes tout un tas d'histoires sales, pour abreuver mon coeur d'homme le temps d'une danse. Dehors il n'y a que le vent dans mes paumes vides, et il semble dire que tu es la bienvenue.

"You're talking about you boy. But you're still the same." ///

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