Si marcher sur le fil ténu du vent est une occupation, alors je suis funambule. Sinon, je ne suis qu'un gosse à frapper avec une batte de baseball. Pour que l'hiver soit sans encombres.
10/06/2012
C'est toujours la même histoire : quand j'ouvre la fenêtre ça sent la mer et c'est rassurant, ça sent l'humide aussi parce que le ciel vire au gris mais il ne pleuvra pas. Juin étouffant comme souvent, comme une sorte de rituel où je me fais bouffer pas à pas. Comme si juin devrait être le temps de l'ennui, le temps des vacances qui n'en sont pas, qui gardent un goût amer et des amis qui s'éloignent parce que l'on n'y peu rien : on s'éloigne tous pour toujours se revoir. Au milieu des révisions nécessaires mais abrutissantes pour des examens à rattraper, je regarde par ma fenêtre faute de mieux, et certes ça sans la mer, mais ça sent le regret aussi je crois. Ca sent les souvenirs qui font mal de six mois qui sont passés en un clin d'oeil sans me retourner, sans vouloir le faire sachant qu'un jour je n'aurais pas le choix. Le plus dur étant l'atterrissage, je m’agrippe à mon siège comme ce jour où je revenais de la vie que j'avais perdu à l'autre bout du monde et je crois que je suis un peu triste dans la lumière faible de ma lampe de bureau. Asphyxié sans doute, mes pieds s'en souviennent encore des kilomètres que j'ai du parcourir. Et depuis un temps très long je m'imagine la nuit dans un désert qui n'a de limite que l'aube suivante; Je m'étouffe et puis respire brutalement comme si ça changeait quelque chose de tout contrôler, de savoir. Les souvenirs ont un goût de fruit trop mur, un arrière goût dégueulasse, alors, soit, je suis en vie, mais j'aimerais plus parfois.
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