06/09/2012

Kick, snare : comme toutes ces musiques synthétiques du milieu de la nuit.

Coexist

// Et tous ces mots que nous ne nous dirons jamais je les ai placardé quelque part car il est bon d'avoir un quelque part ; d'écouter les morceaux qui ne plaisent qu'à moi, ceux-là même où il y a juste un peu de guitare qui raconte des histoires. Et en miroir toutes les sources qui coulent de ma bouche finiront en salive immense / tas déchirant et aqueux de glaires mal dégrossies, crachées après le joint du matin, soir, après-midi. Juché sur mon monde je dilate mes paupières. C'est une belle musique. Les mots viennent sans logique, ce que je sais, c'est que je n'ai pas faim, mais mal à la tête et que le ventilateur qui tourne dans mon dos ne me pousse pas vers l'avant. Scotché par le rythme. Je suis ce garçon au milieu de la cour, celle des grands. je suis un chenapan qui ne s'énerve plus pour rien du tout, qui a commencé à se raisonner, à se dire que l'accent marseillais ne plait pas à tout le monde ; chacun ses tares, eux sont juste des tristes cires.

// Et quand recommence la chanson, je suis, tambour battant, à bout de souffle. on signe, on persiste ; je sens le sol qui se dérobe et dérobe encore. Je veux rouler très longtemps sur le siège passager aux côtés de mon frère qui me fait écouter tous ces morceaux crépusculaires qui me font me sentir vivre. Et fredonner Aznavour ensuite en rentrant chez moi, hier encore ouais. Hier est encore plus loin que ce peut-être demain et c'est une dure épreuve que d'en arriver là, au milieu de cette terre dévastée à l'herbe brûlée qu'est le présent. Au milieu du béton pousse les tours, je le savais déjà mais je ne l'accepte toujours pas.

// Et à la reprise ultime l'apnée est saisissante, me fait découvrir que mon cœur bat, que les palpitations sont comme des noyades d'euphorie chimique que l'on inhale dans ces petites bouteilles marrons transparentes. Et c'est l'heure de rentrer chez soi ou chez un ami, s'écrouler sur le matelas par terre, trouver un panorama satisfaisant. La salive n'est qu'un vieux souvenir, elle a été remplacée par le pastis et la bière ; cela peut faire rire. Les poches sont vites crevées dans cette économie dérisoire. Se lève le soleil, comme une nouvelle journée que je n'attendais pas vraiment. Je sais tout de même que le temps passe, même s'il est pâteux : c'est tout de même rassurant.

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